#BrunschvicgRaisonReligion les oppositions fondamentales : Moi vital ou Moi spirituel

#BrunschvicgRaisonReligion les oppositions fondamentales : Moi vital ou Moi spirituel.

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quelques citations éparses de Brunschvicg particulièrement éclairantes, voire illuminatrices

quelques citations éparses de Brunschvicg particulièrement éclairantes, voire illuminatrices.via quelques citations éparses de Brunschvicg particulièrement éclairantes, voire illuminatrices.

La théologie criminogène

Article à méditer:

Réflexion sur la théologie criminogène

« Depuis très longtemps, dans le judaïsme et le christianisme, la théologie criminogène ne justifie plus les prétendus appels de Dieu à massacrer que dans le très lointain passé où furent rédigés les livres de l’Ancien Testament. Mais ces deux religions ont transmis cette justification au prophète Mohamed, lequel l’a re-justifiée à son tour, et ré-interprétée de manière tragique pour l’humanité : la prétendue volonté de « bonne violence » de Dieu restait valable, selon lui, pour le présent de l’islam en formation, et elle le resterait jusqu’à la soumission totale de tous les peuples au « seul vrai Dieu Allah ». On voit encore aujourd’hui, peut-être plus gravement que jamais, les terribles résultats.

C’est cette épouvantable ré-animation, toujours pas rejetée par les musulmans pacifiques, qui me fait affirmer très clairement mon islamophobie (1). Mais il me paraît évident que, même si elle est désormais indirecte, la responsabilité du judaïsme et du christianisme reste grande dans la poursuite de la violence effectivement commise au nom de Dieu. Et c’est en trahissant le Jésus dont il se dit l’héritier spirituel, ainsi que son message contenu dans les Evangiles, que le christianisme, le catholicisme tout spécialement, maintient ce qu’il y a de criminogène dans sa théologie.

J’approuve à cent pour cent, et même à sang pour sang, ce qui est dit dans cet article, mis à part le fait qu’il me semble hasardeux de placer quelques lignes plus loin Simone Weil et Michel Onfray…

Je n’ai pour ma part jamais laissé planer la moindre ambiguïté sur mes autres blogs : je n’exerce pas mon libre droit à la critique et à la dénonciation de l’Islam et du Coran (et non pas d’un prétendu islamisme ou fondamentalisme islamique) à partir d’une autre option religieuse choisie parmi les « religions du Dieu des guerres de religions » ou les autres.

Je suis, comme l’auteur de l’article, partisan de l’Etat d’Israel et de l’Anti-antisionisme, justement parce que depuis 1948 les juifs redeviennent un peuple comme les autres et sont libérés du mythe funeste de l’élection qui leur a attiré tant de malheurs.

Et ce n’est pas un hasard si parmi les juifs antisionistes on trouve, à part les juifs gauchisants et athées qui n’ont plus de juifs que le nom, des juifs religieux traditionalistes et obscurantistes comme ces Neturei Qarta qui sont les « bons juifs » des musulmans.

« pas de peuple d’élection, pas de culte d’exception » comme disait Brunschvicg, et aussi:

« L’esprit se refuse au Dieu du mystère comme au Dieu des armées »

et aussi et surtout ces lignes extraites de la conclusion de « Raison et religion » qui date de 1939, sorte de testament religieux de Brunschvicg, qui vient rectifier et annuler Ancien comme Nouveau Testaments:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/raison_et_religion/raison_et_religion.html

« Entre l’illumination transcendante et la lumière intérieure, la digue que la « crainte du Seigneur » s’était efforcée d’élever sera sans cesse rompue : le contraire de la crainte, c’est l’espérance, mais c’est aussi le courage. Il faut avoir le courage de son espérance ; et dès lors, la subjectivité de la synthèse cessera de tenir à distance respectueuse l’objectivité de l’analyse. Plus profondément encore peut-être, la question sera de décider si une synthèse qui n’est que subjective, qui ne se fonde pas, selon l’exigence de la méthode, sur la vertu conquérante de l’analyse, est réellement une synthèse, si elle ne se réduit pas, sous un nom flatteur et trompeur, à une ruse de la mémoire qui projette sur le progrès de la conscience l’ascendant mystérieux d’habitudes invétérées, c’est-à-dire, au fond, la tradition banale d’un sens commun.

LII. — Bon gré, mal gré, il faudra en arriver à poser en termes nets et francs le problème que l’éclectisme cherchait à embrouiller ou à dissimuler, et dont aussi bien dépend la vocation spirituelle de l’humanité. Dira-t-on que nous nous convertissons à l’évidence du vrai lorsque nous surmontons la violence de l’instinct, que nous refusons de centrer notre conception du monde et de Dieu sur l’intérêt du moi ? ou sommes-nous dupes d’une ambition fallacieuse lorsque nous prétendons, vivants, échapper aux lois de la vie, nous évader hors de la caverne, pour respirer dans un monde sans Providence et sans prières, sans sacrements et sans promesses ?
La clarté de l’alternative explique assez la résistance à laquelle se heurte une conception entièrement désocialisée de la réalité religieuse. Un Dieu impersonnel et qui ne fait pas acception des personnes, un Dieu qui n’intervient pas dans le cours du monde et en particulier dans les événements de notre planète, dans le cours quotidien de nos affaires, « les hommes n’ont jamais songé à l’invoquer ». Or, remarque M. Bergson, « quand la philosophie parle de Dieu, il s’agit si peu du Dieu auquel pensent la plupart des hommes que, si, par miracle, et contre l’avis des philosophes, Dieu ainsi défini descendait dans le champ de l’expérience, personne ne le reconnaîtrait. Statique ou dynamique, en effet, la religion le tient avant tout pour un Être qui peut entrer en rapport avec nous » . En vain donc le rationalisme invoquera ses titres de noblesse, tentera de faire valoir « quelque idéal de sagesse ou de beauté, il ne saurait grouper qu’une rare élite et, s’il se borne aux horizons terrestres, il succombe avec l’individu » .
 »

Simone Weil dit une chose analogue dans « La pesanteur et la grâce », il faudra que je retrouve le texte précis, mais en gros cela démontre qu’un « Dieu qui intervient dans le cours du monde et de l’Histoire » ne peut pas être Dieu, mais forcément une Idole fasciste et sanguinaire: le « Dieu » de l’Ancien Testament que Simone Weil récusait absolument, en rapprochant par exemple l’idéologie de Moïse de celle de Charles Maurras, et celle de Thomas d’Aquin de celle d’Hitler.
Il n’y a donc plus aucune ambiguïté et les trois prétendus monothéismes abrahamiques sont ici jugés , et condamnés.

Mais le danger serait ici de tout confondre dans la nuit obscure où toutes les vaches sont noires.

Rappelons ici un proverbe d’Afrique du Nord:

« Une fourmi noire sous une pierre noire sur la terre noire dans la nuit noire, Dieu seul la voit »

Mais si le Dieu des philosophes et des savants est la condition de possibilité du jugement libre et rationnel, « ce par quoi il y a vérité plutôt que ce dont il y a vérité », nous ne pouvons pas faire moins, nous dont l’unique devoir religieux est d’exercer ce jugement et de le vérifier, que le Dieu des fables et des proverbes: il nous faut discriminer, et discerner cette fourmi que nous sommes, perdue dans les ténèbres.

Et nous ne pouvons pas alors ne pas déceler un progrès de réflexion et d’universalité dans l’évangile, celui de Jean notamment, ou celui de Thomas, par rapport aux génocides décrits dans le livre de Josué, progrès de la conscience que le christianisme devenu religion de l’Empire a ensuite trahi, avant que le Coran écrit sur deux siècles ou plus par des religieux nazaréens (dont Pierre-Antoine Bernheim a montré qu’ils devraient être appelés les véritables « judéo-chrétiens ») ne vienne l’éteindre définitivement en soufflant sur la flamme et en éteignant la Lumière.

Mais en 1596 un nouveau Rédempteur est né, suivi d’un autre en 1632,

****

La Lumière ne peut pas s’éteindre entièrement (ce que vise pourtant à faire la pseudo-civilisation qui se donne actuellement le nom « Europe »), et comme dit le texte de la fin de « L’obscurité » de Philippe Jaccottet:

« Le véritable amour est un souffle dont on dirait qu’il ne peut pas s’interrompre« 

Vivre éternellement ?

Hervé Juvin est un ancien collaborateur de Raymond Barre qui pourfend l’obscurantisme lié à la mondialisation et au nivellement qu’elle impulse:

Pour une écologie des civilisations

Je l’ai entendu ce matin sur France Info dans « Un monde d’idées » nous prévenir, entre autres, des dangers du « transhumanisme » aux USA : certains membres de cette « mouvance » nous annoncent que les êtres humains qui vivront 3 ou 4 siècles sont déjà en vie, ils sont parmi nous…et le progrès, que l’on n’arrête pas comme chacun sait, permettra bientôt à d’autres de vivre encore plus longtemps, mille ans, dix mille ans. Et pourquoi pas indéfiniment ?

Cette « information » appelle évidemment une série de questions : est ce possible ? est ce souhaitable ? est ce généralisable pour tout le monde? Quelles seraient les conséquences si un grand nombre de personnes vivent ainsi plus de 3 siècles ?

Et bien sûr : au cas où ce serait possible pour un nombre seulement restreint de personnes, sur quels critères seraient elles choisies, ou plutôt sélectionnées ? et qui ferait la sélection ?

Mais il me semble plus intéressant de méditer la judicieuse remarque d’Hervé Juvin, qui note là un symptôme présent chez l’homme occidental né des Lumières qui, non content d’étendre indéfiniment le domaine de ses « droits », se révolte maintenant contre la condition humaine et son caractère mortel, et veut en quelque sorte « sortir de la Nature » et vise à une sorte d’auto création de lui même comme un « petit Dieu ».
Or ces remarques sont judicieuses mais elles appellent un complément : comment en est on arrivé là?

J’ai déjà donné ce que je crois être la bonne réponse à cette question : on en est arrivé là, à cette folie, après un « itinéraire de l’égarement », référence au titre de l’excellent livre d’Olivier Rey sous titré « Du rôle de la science dans l’absurdité contemporaine »:

Itinéraire de l’égarement

En utilisant des termes qui ne sont pas ceux d’Olivier Rey et qu’il n’approuverait peut être pas, je dirais que le « péché » de l’Occident consiste à donner la primauté à l’homme des Lumières (du 18 eme siècle) et à sa volonté d’extension indéfinie des droits, sur l’homme du 17 eme siècle, celui qui a assisté à la naissance de la science moderne concurremment à une révolution philosophique, celui que Brunschvicg appelle « l’homme suivant Platon et suivant Descartes » dans un texte de 1930 environ:

Léon Brunschvicg : l’homme occidental

Car il me semble difficile, voire impossible, de réfuter la démonstration d’Olivier Rey :

Les héros de la vie spirituelle qui, au 16eme-17eme siècles (Copernic, Galilée, Descartes, Malebranche, Spinoza, Leibniz, etc..) ont donné naissance à la révolution scientifique moderne, qui au début était tout autant philosophique et religieuse, ne l’ont pas fait en prenant pour but la puissance industrielle, militaire et économique donnée par la technoscience : car celle ci n’existait pas encore à l’époque et n’est venue qu’au 18 eme siècle avec les premières machines à vapeur industrielles, et surtout au 19 eme siècle.

Alors pourquoi l’ont ils fait ? Avaient ils même un but ?

La réponse d’Olivier Rey est affirmative, et proche de celle de Husserl dans la « Krisis » : après la Renaissance l’humanité européenne se donne librement une nouvelle forme de vie philosophique consistant à se libérer de la Tradition et à se « créer » librement elle même de façon autonome.

Et Brunschvicg, en 1928, voit dans l’émergence de la physique mathématique au 17 eme siècle, en rupture avec l’infantile physique aristotélicienne, un « changement d’axe de la vie religieuse »:

La querelle de l’athéisme de Léon Brunschvicg

L’absurdité contemporaine est excellemment dépeinte par Olivier Rey sous la forme d’une interrogation à la fois « humoristique » et angoissée :

« Comment cette liberté, cette autonomie, a t’elle pu déchoir en liberté de choisir le lieu de ses prochaines vacances? »

Et maintenant, avec les transhumanistes, en liberté non plus de « passer sa mort en vacances » comme dans la chanson de Brassens, mais de passer sa vie indéfiniment prolongée (3 siècles, 10 siècles ?) en vacances « éternelles »…

Seulement un homme est venu, il y a 2000 ans, (certains disent même qu’il est un dieu, ou un Fils de Dieu) qui a dit quelque chose de légèrement différent :

Evangile de Jean 17-3

« Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. »

Mais comme je l’ai dit, je ne veux plus rallumer ici les conflits religieux, et je n’appartiens d’ailleurs à aucune paroisse: « la philosophie doit se garder de vouloir être édifiante »

On m’excusera donc d’avoir recours à nouveau à une référence biblique pour résumer le « péché » (décidément!…) de l’Occident dont découlent à mon avis toutes ces ténèbres obscures qui nous environnent:

C’est qu’il a choisi cet Occident, ou plutôt cette Europe chérie qui est la nôtre, le « plat de lentilles » de la puissance et de la gloire données par la technoscience plutôt que l’autonomie spirituelle en quoi consistent les fondements de la science.

Or nous prévient Brunschvicg à la fin de « Raison et religion », en reprenant et élargissant un passage de l’Evangile:

« on ne sert pas deux maîtres à la fois »

La citation complète étant :

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/raison_et_religion/raison_et_religion.html

(Fin du livre)

« Aller jusqu’au bout dans la voie du sacrifice et de l’abnégation, sans chercher de compromis entre les deux mouvements inverses et inconciliables de marche en avant et de retour en arrière, nous avons à cœur de dire, une fois de plus, que ce n’est nullement, selon nous, rompre l’élan imprimé à la vie religieuse par les confessions qui ont nourri la pensée de l’Occident, contredire l’exemple de leurs héros et de leurs saints. Nous avons appris de Pascal que la lutte n’est pas entre l’Ancien et le Nouveau Testament, mais dans l’Ancien même entre les « juifs charnels » et les « juifs spirituels », comme dans le Nouveau entre les « chrétiens spirituels » et les « chrétiens charnels ». Et la parole demeure, qui passe outre à la séduction pieuse de l’éclectisme : On ne sert pas deux maîtres à la fois, seraient-ce (oserons-nous conclure) la puissance du Père et la sagesse du Fils. »

Post scriptum:

je ne veux pas cependant paraître « donneur de leçons » (je n’en ai aucun droit ailleurs) surtout vis à vis de cette Europe chérie qui est ma mère adorée (rien à voir avec ce que l’on appelle de nos jours « Europe », cette marâtre, et à propos de laquelle nous allons voter dimanche).

Jusqu’en 1760, l’Europe agressée par l’Islam ottoman devait bien se préoccuper un peu de puissance militaire, car si elle ne l’avait pas fait, elle n’existerait plus aujourd’hui, nous parlerions tous le turc et serions tous musulmans…