« The two faces of January » de Hossein Amini : époustouflant, génial, bouleversant.

Dans l’ombre de plein Soleil

Je ne suis pas d’accord du tout avec cette critique sévère du Figaro.

Ce qui est vrai c’est que le film de Hossein Amini est adapté d’un roman de Patricia Highsmith comme « Plein soleil » de René Clément et comme « L’ami américain » de Wim Wenders (tiré de « Ripley s’amuse »), et ces trois films excellents soutiennent la comparaison.

Mais la spécificité du film de Hossein Amini est l’allusion permanente à la mythologie (normal on est en Grèce puis en Turquie pour la fin du film, d’une beauté et d’une qualité d’émotion surprenantes).

Les deux faces de Janvier (January) sont celles du dieu Janus, célébré par Ovide au début des « Fastes »:

Ovide : Les Fastes

« Mais comment parlerai-je de toi, Janus à double forme? [1, 90] la Grèce n’a aucune divinité qui te ressemble. Dis-nous donc pourquoi, seul des immortels, tu vois en même temps ce qui est devant toi et ce qui est derrière. Tandis que, mes tablettes à la main, je roulais ces questions dans mon esprit, une lumière éclatante se répandit dans ma demeure, [1, 95] et, soudain, je vis paraître devant moi le saint, le merveilleux, le double Janus! Immobile de stupeur, je sentis mes cheveux se dresser d’épouvante; un froid subit glaça mon coeur. Le dieu, tenant dans sa main droite un bâton, une clef dans sa gauche, [1, 100] m’apostrophe en ces termes: »

Disons qu’ici Tom Ripley, le personnage favori de Patricia Highsmith, apparaît avec deux visages : celui de Rydal l’étudiant qui escroque des étudiantes, (Oscar Isaac) et celui de Chester Mc Farland (Viggo Mortensen) qui, plus âgé, escroque en grand des gens qui placent leur argent par son intermédiaire.

Deux imposteurs donc (c’est là l’essence de Tom Ripley) déçus par leur père, et Rydal reporte sa haine sur Chester qui ressemble un peu à son père haï. il va essayer de lui voler sa femme, nouvel Œdipe donc qui veut tuer papa et coucher avec maman..il faut dire que maman (Kirsten Dunst) est bien belle…et papa est méchant et indigne, il rend maman malheureuse…

Seulement elle va mourir, et les deux hommes vont s’affronter à mort, jusqu’à la fin si belle, si poignante, que je ne la dévoile pas ici…j’en suis sorti les larmes aux yeux.

Pourquoi le choix des années 60 ?

Parce que le livre a été écrit à cette époque, et puis parce que c’est la dernière décennie assez proche de la guerre 39-45: les USA étaient encore le leader du « monde libre », et la guerre froide créait une sorte d’équilibre, bref les positions étaient claires, figées, dans une sorte de fausse clarté , mais en 1962 le monde est passé comme on le sait maintenant à deux doigts de la guerre nucléaire.

Les américains n’ont pas de mythologie (leur seule mythologie propre est le western qui ne peut guère concurrencer les dieux grecs), les européens en ont une mais ne la comprennent plus.

Les pays d’islam comme la Turquie où s’achève le film ou l’Iran d’où est originaire Hossein Amini entretiennent encore un autre rapport envers le passé anté-islamique.

Or les forces liées aux « constellations psychiques » que sont les anciens dieux n’en continuent pas moins à jouer à l’intérieur du cœur humain: le père (humain) que rejettent Rydal comme Chester renvoie dans la mythologie grecque au Père qu’est Zeus-Jupiter, le plus ridicule de tous les dieux , représenté comme un violeur compulsif (Europe violée par Zeus prenant la forme d’un taureau) mais craignant la jalousie de son épouse Héra-Junon. Bref un pauvre type, et j’approuve entièrement la mythologie ici, comme lorsqu’elle ridiculise Mars-Ares continuellement cocufié par sa femme Aphrodite-Vénus déesse de l’Amour, dégradée de nos jours ( et là le christianisme est coupable) en les « Vénus des carrefours » que nos vertueux socialistes veulent faire disparaître (seulement ils y échoueront comme leurs prédécesseurs puritains car les »Vénus des carrefours » ont quitté les carrefours et travaillent maintenant en appartements)

Mais Zeus est aussi le père d’Athéna (« sortie de la cuisse de Jupiter ») liée à la Sagesse qui est donc la seule véritable déesse des européens depuis 5 siècles sous la forme de la philosophie, tradition de la critique de toutes les traditions et mythologies (je m’excuse auprès d’Aphrodite que j’admire aussi beaucoup seulement comme dit l’évangile réinterprété par Brunschvicg : « on ne sert pas deux maîtres à la fois », en l’occurrence deux maîtresses)

Brunschvicg montre aussi que dans le système chrétien, réinterprété et transformé par la philosophie, la paternité d’Athéna par Zeus devient celle du Fils-Sagesse-Logos par le Père-Puissance et que toute la philosophie (idéaliste) consiste à refuser de servir le Père et à suivre uniquement le Fils-Sagesse.

Seulement ce que nous révèle entre autres le film de Hossein Amini (et sa fin bouleversante qui se passe à Istambul) c’est que le rejet du Père ou du père (humain) c’est à dire de toute limite aux désirs par les occidentaux modernes et désenchantés que nous sommes n’a rien à voir avec la Sagesse et la philosophie qui devrait pourtant être notre seule tradition si nous étions fidèle à l’esprit européen : la vérité sur nous est dite par Chester à Rydal dans un café d’Istambul : « une fois que l’on a perdu tous ses rêves et tous ses espoirs, il n’y plus que la mort, sauf si l’on rencontre la femme qui était la mienne et que tu m’as prise et qui seule pouvait me sauver »…

Une autre version de la fin de Faust: « L’éternel Féminin nous entraîne vers le Haut »

(Que des producteurs de films pornographiques pourraient interpréter d’une manière encore plus dérisoire que Chester, mais j’ai de la pudeur et je n’en dirai pas davantage)

Ici c’est un autre mythe qui nous apprend la raison profonde de cette chute de l’homme occidental faustien :celui de Narcisse bien sûr qui amoureux de son image reflétée dans l’eau et se penchant pour l’embrasser tombe dans le fleuve..autoérotisme !!!

Mais quel mythe pourra nous apprendre cette vérité profonde : que ni la Femme ni l’Amour ne pourront nous sauver des Ténèbres ?

Peut être « L’obscurité » de Jaccottet comme je l’ai déjà expliqué (le maître à trouvé cette femme et cet amour dont nous rêvons tous, avouons le) ?

Nous avons appris que les femmes sont comme nous dans les ténèbres (regardez toutes ces bellles blondes germaniques qui adoraient littéralement leur dieu Hitler de 1933 à…disons 1942?), quoique d’une autre manière peut être?

Donc résumons : nous sommes tous des imposteurs, et il nous faut tourner le dos à la belle Aphrodite pour suivre la sévère Athéna…pas facile je le sais bien ..et je n’ai pas la méthode pour y parvenir, il nous faudrait ici un nouveau Descartes.

Si du moins nous voulons sortir de l’obscurité ?

Peut être en tout cas pouvons nous ainsi comprendre le sermon, cité par Suzuki dans « Essais sur le bouddhisme zen ») ou un Maître dit que le Zen est « apprentissage dans l’art de cambrioler »), ou bien ce développement extraordinaire d’Alain Badiou au colloque « relations-objets » dont j’ai parlé dans les deux articles précédents :

« La science est une extorsion (un cambriolage) d’univocité au plan de l’Etre et des Formes, des Idées, ou plutôt d’un noyau d’univocité à l’équivocité qui est la loi du monde des phénomènes et des relations »

Or cette extorsion n’est possible, comme l’affirment et Badiou et Brunschvicg, que par la mathématisation de la physique depuis Copernic, Galilée et Newton.

Et si la mathématique n’est qu’une technique, ou un jeu de langage parmi d’autres, la science n’est pas supérieure à la mythologie, Athéna n’est qu’un vain songe et nous restons prisonnier d’Aphrodite (belle geôlière certes) mais aussi du Père qui ne s’appelle plus Zeus mais ALLAH..

C’est peut être pour cette raison que « The two faces of January » se termine à Istamboul ?

Un film en tout cas qui nous entraîne fort loin…sinon vers En Haut comme l’Eternel Féminin.

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Les récits contraignants

« Le bleu du ciel » de Georges Bataille débute par un avant-propos où l’auteur s’explique sur les « monstrueuses anomalies » du livre:

« Un peu plus un peu moins tout homme est suspendu aux récits, aux romans, qui lui révèlent la vérité multiple de la vie. seuls ces récits, lus parfois dans les transes, le situent devant le destin…
…comment nous attarder à des livres auxquels sensiblement l’auteur n’a pas été contraint ? »

Puis il cite un certain nombre de titres qui exemplifient cette affirmation souveraine, « qu’il renonce à justifier » (cette outrecuidance fait partie de sa « signature »):

Wuthering Heights (« Les hauts de Hurlevent »), Le procès, L’arrêt de mort, La recherche du temps perdu, L’idiot, ….tout en prévenant qu’il pourrait en nommer d’autres…

J’y ajouterais quant à moi « Le bleu du ciel » lui même, La montagne magique, Bartleby, à peu près tout Balzac, le Dit du vieux marin, Kubla Khan, et bien sûr « L’obscurité » de Jaccottet, auquel je suis si bien suspendu (voire pendu, ou crucifié, en tout cas une position inconfortable) que j’y ai suspendu ce blog pour…pour quoi au fait ?

Quoiqu’il en soit, si la philosophie doit se garder de vouloir être édifiante, si la science doit se garder d’être triomphante (ce qui élimine les fâcheux positivistes), la littérature doit se garder d’être confortable..ce qui élimine pas mal de « romans » contemporains.

Je suis donc moi aussi comme contraint par ce récit de 1961 à l’apparence si « modeste » mais qui est pour moi comme ma potence principale…ma croix?

Certains, croyants ou non, ont pour habitude d’ouvrir quotidiennement et au hasard la Bible et d’y choisir un verset à méditer, ils y trouvent toujours du sens, des sens éternellement nouveaux.

Je n’ai jamais eu cette chance avec la Bible, par contre ceci se vérifie pour moi avec « L’obscurité »..

Si je lis dans la partie II page 94 (sur 171) je trouve ce passage où le « récitant », revenant en arrière dans le temps pour tenter de comprendre le « scandale » de sa dernière nuit avec son maître dans le taudis où celui ci s’était retiré, et se remémore leurs interrogations sur les grandes œuvres du passé et le sens qu’il faut leur donner, peut être:

« Qu’y avait il, dans ces fragments d’un lointain monde, pour les (les hommes) émouvoir à ce point ?
Nous en avions parlé souvent ensemble naguère, et nous ne doutions pas que cet attrait n’eût quelque lien essentiel et avec la lumière qui nous conduisait, et avec cet insaisissable à quoi mon maître venait de se heurter, irréparablement semble t’il…
 »

Cet « insaisissable » est ce que les religions nomment « Dieu » ou « les dieux » (que les anciens grecs imaginaient en haut de l’Olympe), il peut prendre deux formes : transcendance (dans les religions) ou immanence (dans la philosophie), mais il ne faut pas comprendre cette « immanence » comme « ici bas et quotidienneté », comme horizontalité : la verticalité comme dimension de l’espace temps est simplement remplacée par la « porte étroite » de l’instant vu (par Lavelle notamment) comme jonction du temps horizontal et de l’éternité verticale au point central de la Croix.

Ceci est dit de manière remarquable par Brunschvicg toujours dans la conclusion de « Raison et religion »:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/raison_et_religion/raison_et_religion.html

« Nous nous affranchirons du temps simplement vital, dans la mesure où nous en découvrirons la racine intemporelle. La vie, à la prendre en général dans l’absolu de son concept, nous savons trop qu’elle est sans pitié pour les vivants. Elle peut se définir comme l’ensemble des forces qui résistent à la mort ; mais ce n’est là qu’une expression provisoire jusqu’à l’inévitable dénouement qui la révèle comme l’ensemble des forces qui acheminent à la mort. Il est malaisé de décider si l’armée des vivants peut avoir l’espérance, suivant la magnifique image que nous a proposée M. Bergson, de « culbuter la mort » ; mais, puisque le salut est en nous, n’est-il pas assuré que l’armée des esprits débouche dans l’éternité, pourvu que nous ayons soin de maintenir à la notion d’éternité sa stricte signification d’immanence radicale ?
Nous le disons à notre tour : il ne s’agit plus pour l’homme de se soustraire à la condition de l’homme. Le sentiment de notre éternité intime n’empêche pas l’individu de mourir, pas plus que l’intelligence du soleil astronomique n’empêche le savant de voir les apparences du soleil sensible. Mais, de même que le système du monde est devenu vrai du jour où la pensée a réussi à se détacher de son centre biologique pour s’installer dans le soleil, de même il est arrivé que de la vie qui fuit avec le temps la pensée a fait surgir un ordre du temps qui ne se perd pas dans l’instant du présent, qui permet d’intégrer à notre conscience toutes celles des valeurs positives qui se dégagent de l’expérience du passé, celles-là mêmes aussi que notre action réfléchie contribue à déterminer et à créer pour l’avenir.
 »

L’éternité c’est le plan spirituel de l’immanence radicale, le plan de l’idée, ordre de l’esprit par opposition à l’ordre de la chair, plan vital dans lequel le maître reste enlisé (probablement à cause d’un amour non payé de retour, mais cela aurait été la même chose si cet amour avait été partagé , bien sûr…)

Revenons à la suite du texte de Jaccottet sur le sens des grandes œuvres du passé:

« ce qui avait été saisi par l’homme, dans ces œuvres et dans ces lieux, c’était toujours justement la limite de l’homme, ou si l’on préfère l’au delà de sa limite, l’en-dehors absolu, conçu tantôt comme effrayant, tantôt comme adorable, ou les deux ensemble…et la proximité (si l’on peut dire) de l’Inapprochable prêtait à tout ce que l’homme faisait pour lui ou à partir de lui une certaine sorte de magie, qui subsistait malgré que les cultes fondés sur elle aient disparu depuis longtemps; magie enfin, et ce n’était pas le moins surprenant, qui semblait n’avoir jamais été aussi puissante qu’en notre temps où tout conspirait à reculer les limites humaines, à refuser ou ignorer l’Illimité quel qu’il fût… »

La magie qui est nommée ici, c’est la technoscience qui dépasse de loin tout ce qu’avait rêvé l’ancienne magie…

Mais il est impossible de ne pas faire le rapprochement avec un autre texte, qui n’est pas du tout un récit, plutôt un fatras informe écrit dans un jargon obscur, c’est le cas de le dire:

« Le mythe du vingtième siècle » d’Alfred Rosenberg, le dirigeant nazi qui était en quelque sorte l’intellectuel du régime…une sorte de Tariq Ramadan avant l’heure:

https://archive.org/details/LeMytheDuXxeSiecle

où notre époque est dépeinte en ces termes, page 1 du chapitre 1 du Livre premier intitulé « Le combat des valeurs »:

« Voici ce qui caractérise notre époque : le rejet de l’absolu, le refus de ce qui serait illimité. Cela signifie que l’on se détourne de toutes les valeurs existant au delà de la vie organique, que le moi individuel se figurait autrefois pour créer artificiellement une communauté supra-humaine de toutes les âmes. Jadis la christianisation de la terre et la promesse d’une rédemption par le retour du Christ n’avaient pas d’autre but. puis ce fut dans le même sens le rêve de « l’humanisation de l’humanité ». Ces deux idéaux se sont engloutis dans un chaos de sang lors de la première guerre mondiale qui représentait une régénération spirituelle. »

La terminologie employée par Rosenberg a le mérite de révéler clairement ce que visait réellement le nazisme (par delà l’élimination ou l’asservissement des peuples « non germaniques »): le rejet de ce que Brunschvicg appelle « ordre ou plan de l’esprit » considéré par Rosenberg comme illusion (apportée par les « illusionnistes juifs »), et l’exaltation du plan vital, ordre de la chair, c’est à dire de ce qu’ils appelaient la Nature, où le fort élimine le faible.

Qu’est ce que la magie dont parle le narrateur de Jaccottet et où il décèle, « de manière surprenante », la quintessence de notre époque « où l’on se détourne des anciennes promesses »?

Il y a magie quand nous observons un effet inattendu sans pouvoir l’expliquer.

Or des effets de puissance terrifiante la science moderne en produit en abondance, et les magiciens noirs de l’ancien temps parleraient de « magie supérieure à la leur » parce qu’ils n’arriveraient pas à produire de telles destructions.

Seulement la différence c’est que les physiciens peuvent expliquer, et donc prévoir, les différentes étapes d’une explosion nucléaire.

Ils le peuvent, en ultime instance, grâce aux idées (mathématiques) que développe la physique.

Ceux pour qui ils travaillent (auxquels ils « vendent leur âme ») à savoir les militaires aux ordres des politiques utilisent donc le plan de l’esprit (la physique théorique et mathématique) avec la complicité des ou de certains scientifiques pour produire des effets magiques et terrifier ou influencer les populations ignorantes.

C’est en gros le scénario du « Projet Manhattan » qui a abouti à Hiroshima.

Et c’est un scénario faustien.

La tragédie du docteur Faust consiste à vendre son âme au Diable à des fins de bonheur terrestre, c’est à dire à trahir le plan spirituel, celui des idées, qui vise la Sagesse, pour le plan vital, celui de la Puissance guerrière ou économique (le « diable »).

Trahir le plan spirituel c’est le considérer comme au service du plan vital, donc comme illusoire s’il est considéré comme supérieur au plan vital (au « monde », à la nature).

C’est ce que fait Rosenberg qui considère toute valeur au delà de la vie organique comme illusoire.

Mais c’est aussi le « péché » dont se rend coupable le maître dans le récit de Jaccottet (pour des raisons entièrement différentes bien entendu) lors de la fameuse « nuit de Gethsémani » telle que sa la remémore le narrateur:

« ce que mon maître avait dit cette nuit là, ce qu’il avait cherché à me faire comprendre, c’est que la lumière par nous entrevue et avec tant d’ardeur poursuivie n’était qu’une illusion parmi d’autres »

Ce que vit le maître c’est un cogito avorté, qui en reste au stade du pressentiment et n’accède pas au plan de la science.

Car le cogito cartésien donne par un même et unique mouvement de l’esprit la certitude d’être et la certitude du « Dieu est en nous »:

« J’ai premièrement en moi la notion de l’Infini que du fini, de Dieu que de moi même »

Un spiritualisme du cogito

et c’est encore Brunschvicg qui parlant de tout autre chose (dans la conférence de 1937 sur « l’actualité des problèmes platoniciens) nous donne le bon diagnostic sur la chute du Maître dans le récit de Jaccottet:

« L’élan mystique n’aura de portée et de signification que s’il se dépasse lui même en s’orientant franchement vers la perfection dialectique de la raison: car à la raison seule il appartiendra de remonter jusqu’à l’origine des valeurs idéales et d’en mettre à nu la vérité intrinsèque«