Un lien intéressant aux lisières de la philosophie et de l’anthroposophie

J’ai trouvé cet article sur le blog de Grégoire Perra:

Platon, Descartes et Steiner

Ce qu’il y a de plus intéressant chez Mr Grégoire Perra, c’est qu’il a eu le courage de pénétrer dans la caverne des fantômes , je veux dire devenir membre de la Société anthroposophique, et il retrace honnêtement son évolution:

« Au temps où je n’avais pas encore compris un certain nombre de choses et où je faisais encore partie de la Société Anthroposophique, j’écrivais des articles, dont certains paraissaient dans Les Nouvelles. Pendant leur rédaction, il m’arrivait de solliciter des avis. Je le fis ainsi avec l’article intitulé De l’Idéalisme à l’Anthroposophie1, demandant celui de Philippe Aubertin, tandis que sa rédaction en était quasiment achevée. Ce dernier m’envoya alors un certain nombre de remarques très négatives. Je ne jugeais pourtant pas utile d’en tenir compte, ni de repousser la publication prévue, considérant que nous avions-là une différence de points de vue tranchée et que, à mes yeux, ses remarques n’avaient pas de poids. Ce que je ne savais pas encore, c’est la confusion qui régnait dans l’esprit de Philippe Aubertin entre une demande d’avis et une demande d’accord. »

Son parcours ressemble beaucoup à celui de José Dupré, mis à part le fait que ce dernier est beaucoup plus vite devenu un « hérétique » tout en restant dans la Société plusieurs années.

Il parle ici d’Antoine Dodrimont, ancien prêtre, devenu président de la Société après Paul ‘Henri Bideau (de grande stature humaine) et cet A. V. dont José Dupré révèle l’ignominie.

Le thème de cet article est crucial pour les études de ce blog, puisqu’il concerne celui que j’appelle le Sauveur, à savoir Descartes, et Platon qui est pour Brunschvicg la vérité de la philosophie (le platonisme, non pas Platon ni ce que l’on appelle le néo-platonisme).

Steiner est au départ, avant 1900, un philosophe idéaliste, et le prétendu dépassement de l’idéalisme en anthroposophie, décrit par José Dupré, correspond à une chute retentissante, une régression de la lumière à l’ombre semblable à celle du Maître dans le récit de
Jaccottet « L’obscurité » qui est la trame de ce blog.

Je ne puis aller plus avant en ce moment, les événements démoniaques qui se passent en ce moment au Proche Orient m’empêchent absolument de penser.

Je laisse donc ce lien en réserve pour les lecteurs éventuels qui penseraient comme moi que ce n’est pas une complète perte de temps de s’intéresser encore à Steiner, après que ‘José Dupré ait démontré (entre autres) sa complète corruption intellectuelle après 1900.

Publicités

José Dupré : les systèmes religieux contre l’évolution spirituelle

Depuis que j’ai commencé mon activité « bloggueuse » en 2005, j’ai certainement écrit des tas de bêtises, et c’est tout à fait normal, quelqu’un qui ne ferait jamais d’erreur ne serait pas humain.

En fait, et là je parle des années 2009-2010 et du blog maintenant supprimé (par mes soins) « Recherche de la vérité », j’ai péché (mea culpa, mea maxima culpa) parce que dans mon souci de lutter contre l’Islam, qui est le mouvement sectaire ou le faisceau de mouvements sectaires le plus dangereux à notre époque, j’ai eu tendance à oublier un peu la nocivité des autres « religions » ou sectes, terme plus approprié qui provient du mot latin signifiant « suivre »: il est seulement demandé aux adeptes de suivre les indications du Maître, or la spiritualité ne peut être qu’activité.

Je ne regrette aucunement mon activité anti-Islam qui continue sur le blog « Horreur islamique » mais ici où j’essaye d’aller le plus possible au fond des choses, je dois me placer au niveau le plus grand de généralité, et celui ci se résume à cette « inversion » de la fameuse formule de Pascal dans le mémorial suite à l’illumination du lundi 23 novembre 1654:

Mémorial de Blaise Pascal

« Depuis environ 10 heures et demie du soir jusques environ minuit et demi,

Feu.

«Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob» non des philosophes et des savants

Certitude. Certitude. Sentiment. Joie. Paix.
Dieu de Jésus-Christ.
Deum meum et Deum vestrum (mon Dieu et votre Dieu)
«Ton Dieu sera mon Dieu»
Oubli du monde et de tout, hormis Dieu.
Il ne se trouve que parmi les voies enseignées dans l’Évangile.
 »

Ceci n’est que le début de ce texte prodigieux qu’il faudrait étudier à fond, mais il me suffit ici de m’arrêter sur les mots:

« Certitude. Certitude. Sentiment. Joie. Paix »
où l’on constate que les registres de l’intellect ( certitude) et celui du sentiment ou du confort psychique et mystique ( sentiment joie paix) sont mélangés.

Or ils ne doivent jamais être mélangés : le salut véritable est purement intellectuel (cf Spinoza), le sentiment de joie pure et continue est seulement un résultat, en aucun cas une preuve, car il existe beaucoup d’imbéciles heureux.

C’est ce qui me conduit, en suivant la « Querelle de l’athéisme » de Brunschvicg:

La querelle de l’athéisme de Brunschvicg

à inverser la phrase de Pascal en:

« Dieu des philosophes et des savants, non d’Abraham, Isaac et Jacob »

Ai je raison ?

José Dupré quant à lui choisit d’éviter totalement le terme « Dieu » qui est un virus dangereux et évoque irrésistiblement le Dieu transcendant et personnel..

Mais j’ai rencontré dans ma lecture de son dernier livre « Itinéraire en devenir » un passage d’un niveau de généralité maximal, cela se situe au chapitre 6 « Écriture et libre recherche » page 112, paragraphe titré :

« Les systèmes religieux contre l’évolution spirituelle »

Le « sens » de l’existence humaine, c’est la révélation progressive de l’esprit immanent en l’homme (ordre de l’esprit de Brunschvicg) qui évolue progressivement en dépassant l’animalité (ordre de la chair)

Cette évolution (révélée par la science, en opposition totale avec le créationnisme biblique et les billevesées de la théosophie de Blavatsky recopiée par Rudolf Steiner qui prétendait avoir vu tout cela uniquement par son investigation spirituelle de la « chronique de l’Akasha ») est donc orientée, elle a un « sens », mais pas de fin (dans aucun des deux sens de ce mot).

Or nous nous trouvons, sans doute depuis les premières formes d’art des peintures sur les parois des grottes (Lascaux, etc..) ou peut être même en remontant aux hommes de Néanderthal (qui enterraient leurs morts) à la période intermédiaire où l’homme émergeant progressivement de l’animalité s’éveille à la conscience objective de la réalité, dynamisant ainsi la mise en œuvre du Mal tout autant que du Bien, dans des proportion presqu’île imitées, surtout depuis qu’il a à sa disposition les armes inventées par la technoscience.

Dans ces conditions il est inéluctable que les individus les plus évolués aient entrepris depuis toujours de contrôler ces foules d’humanoïdes voire de « demi-singes » ( ce qui est encore le cas à notre époque) en « agissant au moyen de rites, de mythes et de croyances sur la source de leurs comportements : le psychisme ».

Ces individus « plus évolués » (relativement) ce sont les castes sacerdotales qui le plus souvent ne croient pas elles mêmes aux balivernes qu’elles font gober aux « demi-singes » mais s’en servent pour gagner une position de pouvoir et de richesse : c’est le cas des Sadducéens matérialistes et athées qui dirigeaient le Temple à l’époque de Jésus, ou de la caste des Brahmanes en Inde, ou des nazaréens qui ont écrit le Coran sur plus de deux siècles et ont créé l’Islam, cette machine de guerre perpétuelle destinée à conquérir le monde et à imposer à toute l’humanité la Shari’a, loi prétendument divine : mais j’ai déjà démontré ailleurs qu’Allah, c’est tout simplement les gourous de Mahomet auteurs du Coran.

Ne nous faisons pas d’illusions ces « castes » existent aussi dans la science et la philosophie (les philosophes nazis, ou marxistes, ou les escrocs « nouveaux philosophes » dont le plus virulent est Bernard Henry Lévy).

Seulement l’apparition de la science moderne il y a 4 siècles change la donne en permettant à tout le monde de vérifier les affirmations des scientifiques: c’est le sens de l’affirmation de Brunschvicg selon laquelle « l’émergence d’une physique mathématique venant remplacer la physique aristotélicienne est un changement d’axe de la vie religieuse »

Cela ne veut évidemment pas dire que la physique est une nouvelle religion!

Et Julien Benda vise aussi ces castes sacerdotales « modernes » des prétendus « intellectuels » dans son livre célèbre qui est en accès gratuit sur le site web des Classiques des sciences sociales:

« La trahison des clercs »

Accomplir l’œuvre des Lumières en permettant à l’humanité, ou plutôt à l’hominité encore animalisée actuelle de « sortir de l’état de tutelle dont elle est elle même responsable » c’est donc lutter contre les systèmes religieux ou sectaires créés par les castes sacerdotales anciennes ou modernes, et donc suivre la voie inverse de celle de René Guénon, cet idiot utile de l’Islam.

Mais Guénon ne crée pas de nouvelle religion, il se contente de légiférer de manière prétentieuse sur les voies légitimes et illégitimes.

Et la naissance des religions anciennes comme judaïsme, hindouisme, christianisme ou Islam est enrobée de mystère, la plus facile à étudier scientifiquement est la plus récente l’Islam sauf que nous n’avons à notre disposition que la Vulgate d’Othman, c’est à dire le texte coranique « uniformisé » par ce calife, ce qui permet aux prosélytes islamiques que l’islam est la seule version authentique de la parole de Dieu, sans ajouts ou falsifications d’origine humaine : évidemment toutes les versions antérieures ont été détruites.

Mais si par hasard on retrouvait l’une de ces versions antérieures, comme on a retrouvé en 1945 à Nag Hammadi en Égypte des manuscrits en copte parmi lesquels l’Evangile de Thomas, cela serait une révolution qui coulerait complètement l’Islam. Mais il y a peu de chances car ces versions antérieures se trouvaient sur des supports naturels comme écailles, coquillages, feuilles et écorces d’arbres, elles ont du se dégrader complètement pour celles qui n’ont pas été détruites par les agents d’Othman.

Mais il se trouve que nous avons un exemple moderne d’essai de création d’une nouvelle religion venant selon les termes de son créateur Rudolf Steiner « remplacer et abolir » les autres et aussi abolir les « sciences matérialistes » : l’anthroposophie, créée à partir de la théosophie de Blavatsky au début du 20 eme siècle.

Et nous avons à notre disposition TOUS les documents nécessaires pour étudier ces deux sectes, en accès libre sur le web., voir entre autres:

Rudolf Steiner archive

Rudolf Steiner est cependant d’ une stature intellectuelle et humaine bien supérieure à tous les autres, fût ce Blavatsky ou le fondateur de la scientologie Lafayette Ron Hubbard, un ivrogne et un escroc sans envergure et psychiquement malade (de plus l’Eglise de scientologie ne diffuse pas les documents gratuitement sur le web, elle n’est qu’une bande de voleurs visant le profit financier ce qui n’est pas le cas de la secte anthroposhique qui recherche bien plus que l’argent : le pouvoir d’asservir les âmes et d’empêcher l’évolution spirituelle.

Avec l’anthroposophie nous disposons d’un laboratoire absolument prodigieux pour lutter contre l’obscurité propagée par les castes sacerdotales.

Et il est nécessaire aussi, puisque Steiner a copié sur la théosophie de Blavatsky, d’étudier celle ci, comme René Guénon l’a fait dans son livre « Le théosophisme histoire d’une pseudo-religion », dont le texte est ici:

‘René Guénon : le théosophisme histoire d’une pseudo-religion

Anthroposophie : pourquoi s’y intéresser ici? pour José Dupré bien sûr !

Je me suis intéressé à l’anthroposophie et à Rudolf Steiner par la lecture, puis je me suis rendu à des réunions conférences le samedi après-midi, Rue de la Grande Chaumière : j’ai alors tout de suite qu’il y avait un « problème » (en observant les autres intervenants ou auditeurs)

Le même phénomène s’est produit avec Alain Badiou : j’ai lu de manière admirative et passionnée « L’être et l’événement », puis à partir du moment où je me suis rendu au « Séminaire », j’ai là aussi décelé qu’il y a un « énorme problème » (surtout en Badiou lui même)… Mais pas pour les raisons que donne la presse « conforme » ( « c’est grave il critique la démocratie le vilain monsieur »)…

Or il faut absolument, sur un blog comme celui ci où l’on veut descendre jusqu’au fond des choses, s’intéresser à ces deux domaines, pas pour les mêmes raisons bien sûr.

Il faut s’intéresser à l’anthroposophie parce que c’est l’un des domaines de formation de José Dupré, l’un des auteurs actuels les plus importants selon moi.

Je suis en train de lire à tête reposée (pas facile en ce moment) l’énorme livre de plus de mille pages qui vient de sortir récemment :

« Itinéraire en devenir », voir:

https://unedemeuresouterraineenformedecaverne.wordpress.com/2014/07/04/jose-dupre-itineraire-en-devenir/

Or quand il raconte son parcours dans la Société anthroposophique, il ne laisse planer aucune ambiguïté et les comportements qu’il décrit au plus haut niveau de la Société à partir de 1989 sont ceux à la fois d’une secte et d’un polit bureau d’un quelconque pays stalinien.

Mais il a su, tout en dénonçant dans le livre de 2004  » L’anthroposophie et la liberté » les dérives de Rudolf Steiner lui même à partir de 1900 ( quand il a « emprunté » la mythologie de la théosophie de Blavatsky et « mordu dans l’énorme gâteau chrétien » tout en prétendant trouver tout cela par ses propres « investigations spirituelles ») conserver ce qui était valable et bâtir une méthode de développement spirituel quasiment scientifique et axée sur la vérification permanente ( ce qui est exactement notre optique inspirée par Brunschvicg ici).

Exactement de la même façon que les plus important chez Descartes c’est la méthode.

Je donnerai juste ici quelques références de blog, celui de Grégoire Perra notamment qui a aussi été anthroposophe et cessé de l’être, voir notamment ces deux articles à méditer :

Une œuvre qui rend fou

et

Le milieu anthroposophique : une animalisation de la vie de la pensée

et aussi cet autre blog très différent, orienté sur le « Nouvel ordre mondial »:

http://steiner-anthroposophie-nwo.blogspot.fr/2013_08_01_archive.html

et celui ci:

Sagesse païenne foi chrétienne

La descente des ténèbres sur l’Occident en 1968 : « IF » de Lindsay Anderson

Ce film célèbre de Lindsay Anderson est visible ici (mais hélas en anglais non traduit):

If film de Lindsay Anderson

Je ne sais pas si son tournage a commencé avant ou après le Mai 68 en France mais une photo bien connue apparaît au mur de la chambrée des collégiens, montrant un CRS fonçant matraque levée sur un manifestant à terre, il me semble que c’est tout près de l’actuel cinéma « Le Champo ».

L’obscurité en cette affaire est que l’on s’est à mon avis complètement trompé sur le sens des révoltes de ces années là (qui commencent vers 1965 sur les campus américains) en ce que l’on n’a pas su saisir la dualité et la contradiction profonde des courants sous-jacents à l’œuvre dans ces événements.

Il ne faut jamais oublier (ce que l’on fait aujourd’hui) que dans les années 60 la deuxième guerre mondiale était encore toute récente: selon moi le « sens » des événements de 68 était d’envoyer un « message » aux anciens résistants gaullistes qui étaient alors au pouvoir pour leur dire (ainsi qu’aux anciens résistants communistes ou socialistes qui étaient dans l’opposition):
« Attention ! Vous avez montré un courage extraordinaire en 1940-45, nous sommes fiers d’être vos enfants, mais maintenant vous vous êtes embourgeoisés et enlisés dans la paresse spirituelle et le confort matérialiste , vous vous êtes faits voler votre victoire et vous la laissez disparaître dans le nihilisme consumériste alors qu’il y a 25 ans l’humanité est passée au bord de l’Abîme »

(et je ne sais pas en quelle mesure ils savaient que l’humanité était aussi passée à deux doigts de l’apocalypse nucléaire à l’automne 62, lors de la crise des missiles à Cuba, mais la terreur du nucléaire était déjà dans toutes les têtes)

On (les intellectuels) n’a pas su ou voulu voir cet aspect des choses, car il renvoyait à la période « idéaliste » de la philosophie qui prend fin en 1944 avec la disparition de Léon Brunschvicg et est remplacée par l’existentialisme sartrien et le matérialisme dialectique marxiste (l’idéalisme continue en un courant souterrain porté par des penseurs comme José Dupré, mais qui n’appartiennent pas au milieu des « intellectuels officiels », à la différence de Brunschvicg qui dans les années 30 était le Patron des études philosophiques).

Aussi n’a t’on retenu de 68 que l’aspect le plus bas et dérisoire, les slogans rigolos, et la prétendue « libération sexuelle » qui arrive avec dans ses bagages la pornographie envahissante, la pédophilie permissive et le tourisme sexuel…ainsi que la publicité à la télévision qui débute à l’automne 68.

Et maintenant les anciens soixante-huitards sont aux commandes de l’Empire du Bien, et se préparent à passer les clés à la « génération morale », qui refilera très vite cette patate chaude à la « génération riens du tout » et aux « discriminés positifs » amateurs de rap et d’islam positif et « tolérant », compatible avec le mariage pour tous … Eux n’auront pas le temps de jeter la patate chaude dans les mains des « suivants » car la guerre éclatera..ou bien la Grande Fatigue…

Tout cela finira t’il dans un bang ou dans un murmure ?

Les deux sans doute …la vulgarisation imbécile de la mécanique quantique a appris aux masses éduquées à « dealer » des objets étranges (et parfaitement idiots) tels que le « chat de Schrödinger » qui est à la fois vivant et mort, ce qui est d’ailleurs un peu notre cas à tous, pas besoin de physique quantique pour ça…

Pourquoi la fin violente annoncée par la fin du film admirable de Lindsay Anderson ne s’est elle pas produite?

Remarquons que les révoltés se nomment eux mêmes « les Croisés » (crusaders)…on est assez loin quand même de Daniel Cohn Bendit (le pire de la bande)

Parce que les « Grands manipulateurs » ont tout verrouillé en organisant une immigration massive à compter des années 70: le multiculturalisme ça vous calme un peu les agités qui auraient des velléités de croisade (on notera aussi que dans le film la découverte des armes datant de la seconde guerre mondiale coïncide avec celle des fœtus résultant d’avortements tenus secrets).

Mais c’est la citation du Livre des Proverbes 4:7 au début du film qui nous met sur la voie de la compréhension (enfin selon moi):

Bible: Livre des Proverbes 4:7

« Wisdom is the principal thing; therefore get wisdom: and with all thy getting get understanding. (version King James)

ce qui correspond à deux traductions différentes :

« 7La principale chose, c’est la sagesse; acquiers la sagesse, et sur toutes tes acquisitions, acquiers la prudence. » (je préfère « intelligence » à « prudence », et je ne comprends guère ce « sur toutes tes acquisitions »)

et la deuxième :

« Voici le commencement de la sagesse: Acquiers la sagesse, Et avec tout ce que tu possèdes acquiers l’intelligence. »

qui me laisse un peu perplexe: si le commencement de la Sagesse c’est d’acquérir la sagesse, comment un non sage obtiendra t’il la sagesse ? en buvant toute l’eau de la rivière de l’Ouest, comme le recommande un Maître Zen légèrement farceur?

Mais il y a peut être là aussi une réflexion très profonde correspondant au problème philosophique connu :

La philosophie (la Voie menant à la Sagesse) a t’elle besoin de lisières? C’est à dire de faire la courte échelle aux étudiants sincèrement attirés par la Sagesse (et non pas de formules obscures pour séduire les filles, ce qui de toutes façons ne marche plus) sous la forme d’une voie plus facile, d’une introduction, d’une propédeutique ?

Ou pas ?

J’ai ma petite idée sur la réponse à cette question, inspirée par Platon, Spinoza, Éric Weil et Brunschvicg : nous sommes tous déjà dans la Vérité , qui est le « Dieu radicalement immanent qui est en nous » ( le Dieu des philosophes et des savants), et n’avons donc besoin pour la « voir » que de perdre nos œillères)..

Mais revenons au texte de Proverbes 4:7, et adressons nous au texte hébreu pour essayer d’y voir plus clair.

C’est ici:

Les proverbes chapitre 4 hébreu-français

« ז רֵאשִׁית חָכְמָה, קְנֵה חָכְמָה; וּבְכָל-קִנְיָנְךָ, קְנֵה בִינָה. 7 Le principe de la sagesse, c’est d’acquérir la sagesse; au prix de tous tes biens, rends-toi possesseur de la raison. »

mot à mot :

Le principe ( plutôt que le commencement) de la Sagesse : RESHIT HOKMAH

C’est : acquiers la Sagesse QNEH HOKMAH

Et avec (au prix de) tous tes biens, tes acquisitions : OUBeKOL QINIANKHA

Acquiers, rends toi possesseur de la Raison ( je préfère « INTELLIGENCE »)

QNEH BINAH

Je traduirais donc pour ma part:

Voici le Principe de la Sagesse : acquiers la Sagesse

Au prix de tout ce que tu possèdes, obtiens l’Intelligence.

Ce qui signifie :

La Sagesse n’est pas une doctrine « secrète » ni « objective » ( que l’on pourrait obtenir en lisant un livre, ou en tombant aux pieds d’un Gourou et en lui faisant discrètement un gros chèque)

La Sagesse se communique d’elle même, elle consiste à ne pas refuser d’acquérir la ‘sagesse, en une acceptation principielle de « devenir Esprit »

Une fois cette acceptation assurée, il faut acquérir en plus l’Intelligence, cette fois en renonçant à toutes ses possessions, en devenant pauvre en esprit.

La Sagesse est solitaire, non manifestée, l’Intelligence est tournée vers les phénomènes.

HOKMAH et BINAH sont les noms de deux SEPHIROT, formant avec KETHER la Couronne le Triangle supérieur de l’Arbre des Sephirot:

mais je ne dirai rien sur ces Augustes Mystères car j’ai l’intention à ma retraite de devenir kabbaliste pour passer à la télévision et coucher avec plein de jolies femmes en buvant frais.

José Dupré : itinéraire en devenir

J’ai déjà annoncé ici la parution mi juin du tome 1 du nouveau livre de José Dupré : « Itinéraire en devenir: rencontre avec le monde et les vivants » et me le suis procuré récemment.

Le nouveau livre de José Dupré

On peut l’acheter dans toutes les librairies en ligne, mais aussi par courrier à sa maison d’éditions :

La Clavellerie,

F-24650 Chancelade

La révolution de pensée José Dupré

Il s’agit d’un livre de plus de mille pages où cet auteur, qui est sans doute le plus important encore en vie dans le domaine de la Pensée, livre son témoignage sur sa vie et son œuvre, et par là même sur l’histoire événementielle et spirituelle depuis 1940.

Il ne donne jamais la date exacte de sa naissance, ce qui est compréhensible puisqu’il s’exprime du point de vue transcendantal du Moi réflexif, comme Fichte ou Steiner: la première date précise qu’il donne est celle d’une fête dont il se souvient parfaitement le 2 juillet 1939.

D’après plusieurs indices on peut supposer qu’il est né entre juillet 1935 et juin 1936.

Il a donc connu la guerre et ses horreurs avec les yeux et les impressions d’un enfant de moins de 10 ans, et consacré à cette période de sa vie les deux premiers chapitres du livre.

Je dis dans l’article plus haut de José Dupré qu’il est un, le penseur providentiel (le seul encore vivant, qui peut donc témoigner, intervenir en personne) pour notre époque.

Cela sonne bien « religieux »!

Je persiste et signe car il y a deux sens du mot « religieux » : celui qui se contente des deux ordres de la chair (de la vie et de la matière) et de l’esprit, et celui qui en introduit un troisième : ordre de la grâce surnaturelle, de la charité, ..

A la limite, l’athéisme véritable serait le monisme de la matière et de la vie, Brunschvicg comme José Dupré affirment l’immanence de l’Esprit et l’inanité du « Dieu » qui est illusion et mensonge vital : le Dieu du monothéisme abrahamique.
Il serait cependant aventureux d’opposer Dupré à Pascal de la même façon tranchée que Brunschvicg dans la querelle de l’athéisme de 1928: Dupré admire Simone Weil, qui est en quelque sorte disciple de Pascal, comme le montre Jacques Julliard dans son livre récent : « Le choc Simone Weil ».

Lorsque je dis « providentiel » je ne fais que me référer à l’immanence radicale de l’esprit, qui est l’Un-en-un, je n’imagine pas du tout une Déité supra-céleste dont ce penseur serait l’Envoyé.

Le témoignage de José Dupré dans les deux premiers chapitres n’est pas seulement historique, et il n’est semblable à aucun autre que j’aurais pu lire ou écouter (de la part de mon père qui a connu cette époque, mais il avait 10 ans de plus).

Nous voyons là une individualité spirituelle se former au contact de cette réalité atroce de l’Occupation, et un enfant prendre conscience de la « racine ténébreuse du monde », et du caractère tragique de l’existence humaine.

Mais la plus grande tragédie n’est elle pas l’oubli de cette tragédie, dans les « distractions », comme en ce moment le football au Brésil, ou bien dans le confort illusoire des religions instituées et de leur base mythologique ?

Parole de José Dupré à propos de la Libération ( à laquelle il assisté à Limoges) :

« Je sais maintenant que le Mal prit d’autres couleurs, avec moins de franchise, qu’au moins ceux là (i e les nazis) avaient eue..« 

« The killing ». (1956) : du très grand Stanley Kubrick

Film complet en 5 vidéos, en version originale sous titrée en français:

Ultime razzia the killing de Stanley Kubrick

Même année que « Les sentiers de la gloire », et plusieurs acteurs communs aux deux films.

Cet article fait le rapprochement justifié avec Jules Dassin et le John Huston de « Asphalt jungle »:

http://www.cinematheque.fr/fr/dans-salles/hommages-retrospectives/revues-presse/kubrick/kub-razzia1.html

La scène finale, où Johnny (Sterling Hayden, formidable) et sa maîtresse Fay tentent de fuir l’aéroport après que la valise des billets de banque se soit renversée sur la piste, est admirable en ce qu’on la voit de leur point de vue, observant dans la stupeur et le désespoir les deux policiers de l’aéroport s’avancer vers eux pistolet au poing:

Cela nous reporte à la scène du début où Johnny, qui vient de faire 5 ans de prison, explique à Fay, qui est follement amoureuse de lui et l’a attendu fidèlement ces 5 années, que cette fois ci ça ne va pas rater, ils seront riches pour prendre un nouveau départ.

Et il lui résume la situation des « complices », qui ne sont pas des truands mais ont un travail régulier.

Mais « ils ont aussi leurs problèmes »…

Marie Windsor joue comme à l’habitude un rôle de grue, mais là elle est particulièrement « soignée » dirais je : volage, cupide, menteuse, menant une vie infernale à son mari guichetier au champ de courses, et qui est à ses pieds, et la dernière phrase qu’elle prononce avant de mourir tuée par ce mari mérite d’être citée :

« Ce n’est pas juste…je n’ai eu que toi..tu es comme une blague pas marrante.. »

Enfin bref le mariage …

Et l’on comprend vite que. Marvin, celui qui finance, est un ivrogne détruit lui aussi par un mariage infernal, et que tous les autres sont poussés par la tragédie du malheur.

A partir de 1960 Kubrick traitera des thèmes plus, disons, « universels » (l’esclavage à Rome et la révolte de Spartacus, la guerre nucléaire, l’exploration de l’espace, l’ultra violence, les spectres, la guerre du Vietnam etc..) mais ne réussira jamais à dépasser le désespoir fondamental sur la condition humaine sensible dans les premiers films, « Fear and desire » compris.

Nous en comprenons, à mon sens, la raison dans « 2001 odyssée de l’espace » film tiré d’un roman fondamentalement athée, mais où Kubrick réintroduit une transcendance intervenant dans le cours de l’évolution pour le diriger vers un « but » évidemment incompréhensible.

Il réintroduit ainsi dans sa vision du monde un « ordre supérieur » qui n’est plus l’ordre de la charité de Pascal et Simone Weil, mais l’ordre de l’obscurité et de la terreur (le Dieu terrible de l’Ancien Testament).

Pourquoi n’a t’il jamais pu réaliser le film sur la Shoah qu’il rêvait de faire?

Parce que cet « ordre ténébreux » y devenait trop évident, il aurait loupé ses effets et n’aurait pu « surprendre ses spectateurs » comme à son habitude..et puis il avait peur, sans doute, d’affronter réellement les ténèbres….c’est bien naturel.

Aussi s’est il reporté sur le sexe et les Illuminati ( peut être ?) dans « Eyes wide shut », bref une obscurité d’opérette..

Mais j’ai appris de Brunschvicg et de José Dupré qu’il est immoral de vouloir réintroduire l’ordre de la charité ou un « analogon » de transcendance, après 1928, année de naissance de Kubrick et comme par coïncidence année de la dernière querelle de l’athéisme, celle de Brunschvicg venant plus d’un siècle après celle de Fichte:

‘La querelle de l’athéisme de Léon Brunschvicg

L’ordre de l’esprit, venant dépasser l’ordre de la chair qui est celui de « Fear and desire » ou « the killing », suffit…

Stanley Kubrick: les sentiers de la gloire (1956)

Un siècle après le début de la Première guerre mondiale, qui a provoqué de déclin semble t’il final et irréversible de l’Europe et de la France, il est bon de revoir ce chef d’œuvre antimilitariste de Kubrick, qui a été interdit en France pendant environ une vingtaine d’années.

En version française:

Partie 1:

http://www.dailymotion.com/video/x1a19ct_les-sentiers-de-la-gloire-path-of-glory-de-stanley-kubrick-avec-kirk-douglas-1957-partie-1_shortfilms

Partie 2:

http://www.dailymotion.com/video/x1a1ai6_les-sentiers-de-la-gloire-path-of-glory-de-stanley-kubrick-avec-kirk-douglas-1957-partie-2_shortfilms

En version originale sous titrée, en 6 vidéos:

http://www.dailymotion.com/video/x6n1iu_les-sentiers-de-la-gloire-1-6_shortfilms

(les liens pour les 5 vidéos suivantes sont dans la marge de droite)

La dernière scène est époustouflante, et déclenche une émotion rare: cette jeune fille allemande (jouée par Suzanne Christian qui allait devenir l’épouse de Kubrick) amenée devant un corps de troupe français hostile et qui arrive à les « retourner » en chantant une berceuse allemande…et ces hommes qui retournent à la boucherie peu après.

José Dupré parle de ce film dans « Vie de l’esprit et religions » page 196, en traçant un parallèle entre « cette énorme imposture de la trahison d’un martyr (Jésus) par le goupillon » et « cette autre mystification perpétrée par le sabre: qu’aurait dit le « soldat inconnu » enterré sous l’arc de l’Etoile à Paris, peut être un antimilitariste, un compagnon de ces victimes de la caste militaire commémorées par le grand cinéaste Stanley Kubrick dans son film courageux « Les sentiers de la gloire », ….qui après avoir tant souffert dans les tranchées se trouva forcé sans donner son avis de subir pour « l’éternité » les sinistres comédies politiciennes avec leurs défilés belliqueux ? Qu’aurait il dit de se voir comme Jésus pareillement récupéré ? »

Le grand Kirk Douglas né le 9 décembre 1916 avait 40 ans en 1956, il en a aujourd’hui 97 !!!

Il parle ici en 2011, à 94 ans donc, de Stanley Kubrick:

Kirk Douglas parle de Kubrick