Günther Anders. L’obsolescence de l’homme

Le Sens et l'essence

Günther AndersNon, malgré le développement et le succès prodigieux de la vulgarisation des connaissances techniques, et même si nous savons naturellement que les produits de l’industrie ne poussent pas sur les arbres, il n’en reste pas moins que, pour la grande majorité de nos contemporains, ils ne sont pas là tout d’abord comme des produits et sûrement pas, en tous cas, comme des témoignages de leur propre souveraineté prométhéenne ; ils sont simplement « là », et avant tout comme des marchandises – des marchandises nécessaires, désirables, superflues, dont le prix est abordable ou inabordable et qui peuvent devenir « miennes » si je les achète. Ils sont bien plutôt des preuves de notre imperfection que de notre puissance : pour la simple raison que, dans un pays hautement industrialisé, l’abondance des produits exposés mais impossibles à acheter est tout bonnement écrasante ; la rue commerçante n’y est-elle pas l’exposition permanente de tout ce que…

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