« Cutter’s way » film d’Ivan Passer (1981)

http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/cutter-s-way.html

La « manière de faire » d’Alexander Cutter, un ancien du Vietnam qui y a perdu une jambe et un œil, c’est de commencer à boire (et pas du coca cola) dès le réveil, de continuer au petit déjeuner et au repas de midi, puis l’après midi, en début de soirée , au dîner, et après dîner, quand il sort au volant de sa voiture qui n’est plus assurée et alors que son permis n’est plus valable, et quand il revient il joue aux auto tamponneuses avec la voiture du voisin.

Un jour son ami est agressé par un homme coupable du viol et du meurtre horrible d’une autostoppeuse de 17 ans, et croit reconnaître J J Cord, un magnat du pétrole de cette gentille petite ville de Santa Barbara, qui ne ressemble guère au feuilleton.

L’ami en question c’est Richard Bone, un petit gigolo de plage méprisable et méprisé, joué par Jeff Bridges qui était nettement plus sympathique dans « The big Lebowski » en 1998 où il jouait The Dude. En 1981 il est plus jeune, moins empâté, plus beau, très crédible donc dans son rôle de bourreau des cœurs et de « pénis le plus rapide de la région » (dixit Cutter)… en 1998 il se contente de livrer des aperçus philosophiques de comptoir, du genre « des fois tu cognes le bar, des fois c’est le bar qui te cogne »……

exaltant!

« The big Lebowski », parodie déjantée de « The big sleep » et du film noir, est mon préféré des frères Coen, mais le film d’Ivan Passer est remarquable aussi

Cutter, qui pense qu’il n’y a plus assez de héros et le regrette, va s’engager dans une mission sous la forme d’une simili-tentative de chantage foireuse (dans l’intention de dénoncer Cord à la police si celui ci paye), et comme tous les coups foireux celui ci foire. Mais les deux amis mèneront quand même à bien leur mission, et au moment de mourir Cord se révèlera bien être l’assassin, et plus si entente..

Bref un autre film traitant de l’enténebrement (ou ensauvagement) accéléré du monde, des USA en l’occurrence, au début de l’ère Reagan, Cutter a en tout cas sa définition, assez synthétique, des « salauds » sartriens (qu’il appelle des enfoirés): « ceux dont les fesses ne sont jamais en première ligne mais qui s’arrangent toujours pour que ce soient les fesses des autres qui se trouvent en première ligne »…je la retiendrai.

1981 est pire que 1960 qui est pire que 1945 (après la guerre qui aurait dû remettre les compteurs à zéro).

Seulement il ne pouvait pas y avoir un nouveau départ , il y a une très belle trilogie là dessus :

« Welcome in Vienna » d’Axel Corti

Dieu croit il encore en nous?

tout simplement parce que les hypothèques du passé ayant mené aux deux guerres mondiales n’avaient jamais été levées : elles qui consistent à ne pas faire une confiance absolue à l’ordre de l’esprit et soit à se contenter (« ces raisins sont trop verts ») de l’ordre de la chair (comme dans tous les films désenchantés dont je parle ici) soit inventer une troisième ordre, ordre de la charité ou des divins mystères ou de la Loi divine, ou quel que soit son nom, qui empêche de prendre au sérieux le seul salut possible rendant possible la sursomption, ou relève, de l’ordre naturel: ordre de l’esprit, acheminement des âmes vers la Sagesse.

Je me répète, c’est certain, parce que tout simplement je crois sincèrement à ce que je dis, et suis persuadé qu’il s’agit de la seule vérité importante nous permettant de comprendre notre situation.

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