Déodat Roché et l’anthroposophie

Deodat Roché et l’anthroposophie

avec des développements sur Simone Weil et José Dupré.

A noter que ce dernier ne s’est pas séparé de Deodat Roché (dont il explique l’engouement pour l’anthroposophie) mais de Steiner, fondateur d’une secte redoutable ….

Voir:

Rudolf Steiner, l’anthroposophie et la liberté

José Dupré sur Armel Guerne

Guerne le Veilleur

« Guerne pense que nous vivons, en effet, des temps d’apocalypse, c’est à dire de “révélation par les signes” – à ceux qui veulent voir et entendre – des catastrophes à venir que les hommes préparent. Mais, depuis des millénaires, peu de nations n’ont pas vécu, presque en permanence, des temps d’apocalypse. Ce dernier livre du NT, attribué à Jean le Théologien, résulte de l’assemblage composite de l’une des ces nombreuses “apocalypses” produites dans les milieux juifs du début de notre ère, avec le bloc constitué par les épîtres aux sept Églises d’Asie, le tout estampillé d’une référence à l’exilé de Patmos. Pour les Israëlites, l’époque réservait la prise de Jérusalem en 70 et la première dispersion des Juifs, parachevée en 135 par la destruction complète de la ville et l’exil définitif. Un siècle plus tôt l’Apocalypse aurait pu s’appliquer à la Gaule, envahie et soumise par César. Quelques siècles plus tard, elle concernera l’empire romain lui-même, tombant définitivement sous l’invasion arabe au XVème siècle« 

La révolution de pensée José Dupré

La vie de l'Esprit et la question religieuse dans l’oeuvre de José Dupré

José Dupré est à mon avis le penseur spirituel providentiel qui peut nous aider à franchir le « seuil » terrible qui nous attend dans les prochaines années.

Je découvre son oeuvre depuis quelques temps, et je désire consacrer ce blog à l’édification d’une spiritualité libre et laïque, selon ses propres termes.

Or comment ne pas voir que cette tâche se heurte immédiatement, si du moins elle est abordée dans un esprit de sincérité, à des difficultés semblant insurmontables , dûes aux pseudo-spiritualités qui « occupent » le terrain :

-religions cléricales instituées ethniques et conquérantes, faisant absolument fi de toute liberté intérieure : christianisme, judaïsme, et surtout  la plus dangereuse de toutes actuellement, à savoir l’Islam

-phénomènes sectaires innombrables et pseudo-spiritualités du type « New Age »

– et, last but not least, « athéisme matérialiste » qui devrait plutôt être appelé  nihilisme post-moderneoccidental  : vivre pour les divers « plaisirs » (ceux notamment de la fornication) …

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Nizan sur Brunschvicg et la « création d’un univers moral »

Passage extrait du livre de Paul Nizan « Les chiens de garde » (1932) (chapitre 3 « Démission des philosophes »):

«Mr Brunschvicg se rend compte qu’il a, comme philosophe et non plus comme personne privée, une certaine obligation à remplir et certains modèles à imiter.

Il dit:

« Les héros de la vie spirituelle sont ceux qui, sans se référer à des modèles périmés, à des précédents devenus anachroniques, ont lancé en avant d’eux mêmes des lignes d’intelligence et de vérité destinées à créer un univers moral de la même façon dont elles ont créé l’univers matériel de la gravitation et de l’électricité« .»

Pas besoin de signaler le caractère agressif de ce livre célèbre de Nizan, contre les philosophes qui régnaient alors sur l’université et la vie intellectuelle de la Troisième République (celle des « hussards noirs » dont nous aurions bien besoin aujourd’hui), mais en premier lieu contre Léon Brunschvicg , qui apparaissait un peu comme le « mandarin » (dirions nous aujourd’hui) des études philosophiques à Normale, et qui attirait sur lui la haine de certains de  ses élèves , Sartre, Beauvoir  et Nizan notamment, parce qu’il représentait selon eux le principal des « chiens de garde » à la solde des oppresseurs bourgeois.

En réalité une époque était en train de finir, une page était en train de se tourner,et c’est un psychopathe moustachu qui allait s’en charger : l’idéalisme critique cédait la place au matérialisme dialectique.

C’est la Mort

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/gerard_de_nerval/artemis.html

Artémis

La Treizième revient… C’est encor la première ;
Et c’est toujours la Seule, – ou c’est le seul moment :
Car es-tu Reine, ô Toi! la première ou dernière ?
Es-tu Roi, toi le seul ou le dernier amant ? …

Aimez qui vous aima du berceau dans la bière ;
Celle que j’aimai seul m’aime encor tendrement :
C’est la Mort – ou la Morte… Ô délice ! ô tourment !
La rose qu’elle tient, c’est la Rose trémière.

Sainte napolitaine aux mains pleines de feux,
Rose au coeur violet, fleur de sainte Gudule,
As-tu trouvé ta Croix dans le désert des cieux ?

Roses blanches, tombez ! vous insultez nos Dieux,
Tombez, fantômes blancs, de votre ciel qui brûle :
– La sainte de l’abîme est plus sainte à mes yeux !

 

 

 

« Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu ? » : un film antisémite

Pourquoi ai je choisi « L’obscurité » comme titre de ce blog ? Cela fait référence au titre de l’extraordinaire (sous sa forme tout à fait ordinaire) récit de Philippe Jaccottet paru en 1961 : http://fr.wikipedia.org/wiki/L’Obscurit%C3%A9   http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Jaccottet   et j’ai déjà reblogué ici cet article sur ce livre: http://brumes.wordpress.com/2014/03/29/face-a-la-nuit-lobscurite-de-philippe-jaccottet/   Lorsque je l’ai lu la première fois, ce devait être dans les années 2000, j’ai été stupéfait, bouleversé, comme touché par une explosion nucléaire spirituelle. Je crois me souvenir que je n’ai pas pu lire autre chose pendant plusieurs mois, ni même faire de mathématiques, ni rien d’autre d’ailleurs : je suis resté cloîtré chez moi….sans rien faire d’autre que « digérer » ce récit profondément troublant. Et aujourd’hui, plus de dix ans après, je « vis » en quelque sorte ce récit, en plongeant dans l’Obscurité « pour mon propre compte »… J’ai entendu l’an dernier dans une émission de Finkielkraut une phrase proprement effrayante, mais combien vraie (c’est ce que je vis en ce moment) à propos de la dépression de deuil qui peut vous saisir (« le mort saisit le vif ») après la disparition d’une personne chère , c’était à peu près : « le disparu semble vous attirer sous terre, vers la mort » mais il y a aussi un versant collectif de l’Obscurité, et c’est ce que l’humanité contemporaine, française notamment, voit venir à sa rencontre. Et je voudrais ici pointer le regard vers un tout petit point, mais combien important, de cette « obscurité collective » : Le film « 24 jours » sur le meurtre antisémite sous des tortures atroces d’Ilan Halimi fait un flop, à l’inverse le film « Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu? » a un succès spectaculaire au bout de quelques jours, qui laisse présager qu’il sera au même niveau que « Bienvenue chez les chtis » et « Intouchables », voire les dépassera. Je ne suis pas le seul à avoir remarqué ce fait, et à le déplorer : http://www.jforum.fr/forum/france/article/antisemitisme-2-films-en-miroir-et   «… » Ce film, dit-il, « permet aux Français de se détendre, de manifester que eux ils ne sont pas comme çà, dans la xénophobie, pas dans des tensions très vives comme on a pu en voir avec l’affaire Dieudonné ou le mariage pour tous. Çà dédramatise une vision parfois un peu négative de l’étranger ». Remarquons à propos de ce dernier terme que, dans la signalétique du film et ce qu’écrit ce sociologue, le personnage juif est compté parmi les figures de l’étranger, parmi lesquels on trouve un Noir, un Asiatique et un Musulman. Le référent « français » est censé être catholique.

En somme, si tout baigne à ce point en France, autant passer en pertes et profits de la « convivance » et du « vivre ensemble » l’antisémitisme actuel et le meurtre d’Ilan Halimi. Autant l’ignorer, ne pas se confronter à l’indice inquiétant de l’état de la société qu’il représente, autant revigorer la bonne conscience. Après tout l’antisémitisme n’est que le produit de « tensions inter-communautaires« .» ou, en d’autres termes : les français préfèrent massivement se voiler la face et « faire l’autruche » que de regarder en face le « nouvel antisémitisme » dont l’horrible affaire Halimi a pourtant été une révélation sombre et indéniable. J’ai vu les deux films, et je dois dire que « Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu? » est encore pire que je ne le croyais : parce que, comme le dit Eric Zemmour, c’est un film très marrant, toute la salle est pliée en deux d’un bout à l’autre, et pour de mauvais motifs, à cause des allusions « racistes » qui fusent , venant non seulement des « blancs catholiques » mais aussi des autres…(mais je me suis déjà expliqué ailleurs sur l’absurdité de ce pseudo-concept de « racisme » j’ai eu tellement honte en sortant d’avoir apporté mon obole à cette messe noire collective que j’ai été voir « 24 jours » une seconde fois, pour faire équilibre, et je l’ai trouvé encore meilleur que la première fois : et pourtant dieu sait si je n’aime pas les films d’Arcady d’habitude… Ce qui est antisémite bien sûr dans « Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu » c’est le fait que les juifs soient traités sur le même plan que les musulmans et les africains, qui ne sont installés massivement en France et en Europe que depuis 40 ans, à la faveur de la mondialisation qui est l’Histoire excrémentielle (ravalant l’humain au consommateur-producteur) de la Fin des Temps. Alors que des communautés juives sont présentes sur le sol français (enfin gaulois à l’époque) avant l’ère chrétienne, et donc bien avant la conversion de Clovis, qui marque le baptême de la France. Bien entendu, tout ceci n’est que mon opinion et je ne veux surtout pas être un « donneur de leçons » : la lutte contre l’Obscurité qui est le sens de ce blog, c’est d’abord et uniquement la lutte contre celle qui m’enserre et m’entraine vers le bas… »là où il y aura des pleurs et des grincements de dents ». Mais comment ne pas voir que l’obscurité individuelle et la collective sont interdépendantes et se mêlent : pas tout à fait comme l’eau et l’huile, non non plus comme le lait et le café ? voici un blog afro-centriste américain qui explique pourquoi le métissage forcené n’est pas la solution et est même une supercherie (« delusional ») dans un monde occidental qui se prétend « post-racial »: http://yoknyamdabale.wordpress.com/2011/09/06/reasons-why-white-women-prefer-black-men/

Face à la nuit : L’Obscurité, de Philippe Jaccottet

Brumes, blog d'un lecteur

Woods, Justin Gedak Woods, Justin Gedak

L’Obscurité, Philippe Jaccottet, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2014 (première éd. 1961)

« Il y a une nuit dont on ne peut parler, mais dans laquelle il faut entrer pour s’apercevoir qu’elle est sans fond, sans fin. » (p.201)

« Toute parole tend à fixer quelque chose qui semble désirer d’être fixé, et périr de l’être. » (p.251)

« Rien n’empêche pourtant que je n’aie vécu, que nous n’ayons vécu ces moments où la fin de notre course était, en quelque sorte, un comble de lumière, à croire que notre flèche aboutirait, dans un embrasement, en plein centre du soleil. » (p. 242)

La parution récente des œuvres de Philippe Jaccottet en un seul volume de la « Bibliothèque de la Pléiade » donne aux amateurs de littérature l’occasion de parcourir, chronologiquement, les travaux du poète suisse. Elle fait aussi remonter à la surface…

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